
Dernière soirée de ces huitièmes de finale aller de Ligue des champions. Peut-être pas la moins alléchante ici en France puisque on retrouve au programme le deuxième club français en lice à ce stade Lyon. Et un choc de mastodontes Real-Manchester City
LYON – JUVENTUS
Pour la 2e année consécutive, le Parc OL se prépare à une grande soirée européenne. Après avoir accueilli le Barça de Lionel Messi l’an dernier, c’est cette fois-ci la Juventus de Cristiano Ronaldo qui se déplace dans le Rhône. Et encore une fois c’est un immense défi, qui attend les lyonnais. Plusieurs raisons laissent à penser en effet, que malgré la forme moyenne des turinois, plus que sérieusement bousculés en championnat par l’Inter et la Lazio, se qualifier pour les Lyonnais représenterait un authentique exploit.
Les forces en présence : L’Olympique Lyonnais
Lyon va tout d’abord se présenter, pour ce huitième de finale, avec Rudi Garcia sur le banc. L’ancien entraîneur de la Roma ou de l’OM, présente un bilan famélique en Ligue des Champions. Un bilan de 0,85 points par match tout simplement la plus faible jamais connue pour un entraîneur comptant plus de 20 matchs, selon Opta. Cette faiblesse contre les gros s’est vue cette année en L1, avec deux défaites contre le PSG, une défaite contre Marseille, Lille, Rennes. La seule victoire d’envergure arrachée par les lyonnais cette saison a finalement été décrochée par l’ancien coach Sylvinho à Leipzig au mois d’Octobre. Une victoire que l’on peut qualifier de miraculeuse. A cela s’ajoute les difficultés des rhodaniens à domicile. Lyon reste en effet la 15e équipe de L1 à domicile, avec récemment 2 matchs nuls contre Amiens et Strasbourg. En Ligue des Champions, Lyon n’a gagné qu’un match à domicile, contre Benfica, sur les 8 derniers depuis 2016. Cela montre donc aussi les difficultés pour les Lyonnais à faire le jeu, face à leurs supporters. Le jeu, les lyonnais ne devraient pas avoir à le faire au coup d’envoi vu la stature de leur adversaire, mais qu’en sera t-il si ils finissent pas être menés au score ?
Si il n’y avait que ces problèmes pour les Lyonnais malgré tout encore en lice dans 3 compétitions cela serait un moindre mal. Mais dans la longue liste des difficultés, il faut y ajouter les absences longue durée de Jeff Reine Adélaïde et Memphis Depay, qui compliquent encore la tâche des gones, qui ne pourront compter que sur Houssem Aouar, ou Moussa Dembélé, pour faire des vraies différences individuellement. Léger, très léger… Enfin l’union sacrée réclamée avec les supporters par le président Jean-Michel Aulas, ne sera vraisemblablement pas obtenue. Et pour cause, une communication très agressive, sur les réseaux sociaux, un détournement des objectifs sportifs au profit de l’intérêt financier (cf Jean Michel Aulas lui-même dans Tuttosport vendredi dernier, ou ce dernier tente déjà de prendre contact avec le président Agnelli de la Juventus pour lui proposer Houssem Aouar), le rôle ambigu de Juninho et le choix contesté et bien sûr très contestable de Rudi Garcia comme entraîneur. Pour les supporters lyonnais, qui n’ont plus fêtés de titre depuis 2012, ce sont les gouttes d’eau qui ont fait déborder le vase. Les 10 jours à venir marqués par la réception de la Juve, de St-Etienne, du Paris SG, et le déplacement à Lille seront donc cruciaux. Il s’agira en attendant ce soir de faire le dos rond en comptant peut-être sur la nouvelle recrue Bruno Guimarães qui pourrait être aligné au coup d’envoi.
Les forces en présence : La Juventus
Si l’Olympique Lyonnais est donc un club malade, on ne peut pas dire que la Juventus de Turin aille beaucoup mieux à son échelle bien sûr. Maurizio Sarri est arrivé cet été, avec l’ambition d’entamer un nouveau cycle si ce n’est dans les résultats immédiatement, au moins dans le jeu. La Juve reste en effet sur 8 Scudetto consécutifs, et 2 finales de Ligues des Champions en 2015 et 2017, durant les mandats Conte et Allegri. En revanche, les deux dernières années ont été plus difficile sur le plan du jeu, avec une équipe arrivant en bout de souffle, usée, dépassée face à l’Ajax l’an dernier. L’ancien entraîneur de Naples avait pour ambition de relancer une machine turinoise, qui voyait aussi son effectif se dégrader parallèlement compliquant sa tâche. En effet Higuain en perte de vitesse, un milieu à reconstruire, avec un Blaise Matuidi de plus en plus handicapant, un Aaron Ramsey moyennement intégré. Des latéraux qui n’ont clairement pas le niveau de ceux de 2017, que ce soit Alex Sandro lui-même ou De Sciglio ou Danilo de l’autre côté. Finalement les recrutements pharaoniques de Cristiano Ronaldo à l’été 2018 et de Mathijs De Ligt à l’été 2019, ont été en quelques sortes les arbres cachant la forêt.
En Série A, la Juve, est leader du championnat mais sous pression de la Lazio de Simone Inzaghi, et de l’Inter d’Antonio Conte. En Ligue des Champions, la Juve a été assez souveraine, en se sortant d’une poule avec l’Atletico Madrid et le Bayer Leverkusen, mais Maurizion Sarri le sait c’est maintenant que tout va se jouer et que son bilan va être surveillé, jugé alors que la Vieille Dame attend la C1 de retour dans le Piémont depuis 24 ans. Pour le moment, si l’assise défensive de l’époque Allegri, est restée la même autour de la charnière De Ligt-Bonucci, malhereusement pour l’ancien coach napolitain, le jeu offensif est aussi resté le même. La Juve tient pour le moment aux buts de Cristiano Ronaldo, et aux entrées en jeu très souvent gagnantes de Paulo Dybala. On peut cependant regretter que l’association entre le Portugais et l’Argentin qui avait failli partir cet été ne soit pas plus optimale. Quant au milieu de terrain Adrien Rabiot a su petit à petit gagner sa place au profit de Blaise Matuidi et devrait être aligné aux côtés de Miralem Pjanic, véritable métronome et Aaron Ramsey. Exit Matuidi et Khedira. A l’entraîneur italien de convaincre, n’étant pas très apprecié dans le cœur des supporters après ses déclarations anti-Juve en tant qu’ancien coach du Napoli. Cela tombe bien entre ce soir et le Derby d’Italie dimanche contre l’Inter, c’est le moment ou jamais. Car pour le moment c’est plus l’entraîneur qu’on avait eu à Chelsea, vainqueur de la C3 certes mais qui n’avait pas répondu aux attentes dans le jeu, que l’entraîneur de Naples qui avait séduit tout le monde par la capacité à pousser très haut, un groupe limité.
Côté Lyonnais et côté Turinois cet affrontement tombe à pic, dans ce qui s’annonce comme une période de vérité. Pour les deux entraîneurs contestés par leurs supporters, c’est le moment de faire face aux critiques. Rudi Garcia, en démontrant qu’il est capable de réaliser un exploit européen, et enflammant enfin ce Parc OL qui ne demande que ça. Maurizio Sarri en démontrant sa capacité à gérer un groupe de champions en menant de front, lutte pour le Scudetto et la C1. Alors qu’aucun favori ne se dégage, la Juve à l’occasion de sortir la tête de l’eau, et de frapper fort dès ce soir…
Par Thomas B.
REAL MADRID – MANCHESTER CITY
Tous les affrontements de ces 1/8 de finale de Champions League étaient assez ouverts et difficilement pronostiquables. Mais s’il y a bien un match dans lequel on va se plonger avec aucune certitude c’est bien cet excitant Real Madrid – Manchester City, choc au sommet entre le 2e du championnat espagnol et le 2e du championnat anglais mais plus encore entre Zinedine Zidane et Pep Guardiola sur les 2 bancs.
Les forces en présence : Manchester City
Du côté de Manchester, les Skyblues ne font pas une mauvaise saison à proprement parler. Mais le contraste avec les deux saisons précédentes et la surdomination de Liverpool en PL laissent un petit pincement au cœur. Les hommes de Guardiola n’ont plus rien à gagner en PL, et ont tout à perdre en CL. En effet, avec la récente exclusion de 2 ans qui est tombé, c’est peut-être la dernière chance pour les Skyblues de jouer dans la plus grande des compétitions avant 2022 (si l’exclusion est maintenue). Malheureusement, les hommes de Pep Guardiola n’arrivent pas dans les meilleures conditions. Une défense en crise qui devra compter sur un Laporte en manque de rythme et un Fernandinho qui devra peut-être être obligé de dépanner en défense car Stones et Otamendi ne donnent pas satisfaction.
Offensivement, même si les choses se passent mieux avec des joueurs comme Mahrez et De Bruyne qui réalisent une super saison, City connait un manque au poste d’ailier avec Sané blessé et Sterling incertain pour ce match. C’est le match de la saison côté Citizens, et Pep et ses hommes ne veulent pas récidiver les échecs des saisons précédentes, car ils n’auront peut-être pas la chance de retenter la saison prochaine, et des envies de départs se feront peut-être ressentir. La cruauté de l’élimination contre Tottenham, l’an dernier, dû peut-être au match aller mal négocié à l’extérieur, la sévérité de l’échec contre Liverpool et la défaite 3-0 à Anfield, enfin la défaite contre Monaco a Louis II en 2017, démontre que pour le cap à franchir pour les Skyblues se situe à l’extérieur
Les forces en présence : Le Real Madrid
Du côté du Real, la saison se passe de meilleure manière : Zizou a réussi à redonner une synergie à cette équipe, des joueurs qu’ont croyaient perdus reviennent au haut niveau (Modric, Courtois…) et des jeunes talents comme Valverde ou Mendy se font leur place dans l’équipe. De plus, le Real a longtemps été leader du championnat. Mais en 10 petits jours, le Real a réussi à se mettre le doute tout seul. Match nul à domicile face au Celta Vigo et défaite à Levante qui voit le Barça reprendre la tête du championnat juste avant le Clasico de Dimanche soir. En plus de ça, la recrue phare Eden Hazard rechute et sera absente plusieurs semaines. Le Real devra donc compter sur un Bale loin de son meilleur niveau ou d’un Vinicius Jr très inexpérimenté pour accompagner Benzema et Isco en attaque.
Le Real Madrid doit donc aborder cette semaine comme une semaine décisive, cruciale avec ce match de Ligue des champions, et le Clasíco de dimanche. Les madrilènes se souviennent que l’an dernier c’est à la même période qu’ils avaient tout perdus, face à l’Ajax, et au Barça par deux fois. Alors est-ce que l’équipe qui a remportée 4 des 6 dernières éditions de la C1 est prête à reprendre sa couronne, c’est la grande interrogation. En tout cas ce match sera aussi alléchant car il va s’agir d’un affrontement entre l’homme qui n’a pas perdu une double confrontation en Ligue des champions, mais qui revient cette fois dans un autre contexte, celui de la reconstruction et l’homme qui a le plus marqué son époque sur le banc entre Barcelone, Munich et Manchester, et double vainqueur de la C1.
Alors pendant que la France du foot, aura les yeux rivés sur le Parc OL, le monde du foot sera lui tourné vers Santiago Bernabeu. Zidane ou Guardiola ? L’historique Real ou celui qui veut se frayer une place, Manchester City ? Ces deux équipes ne représentent pas forcément l’assurance tous risques mais c’est de loin l’affrontement le plus alléchant des huitièmes. Et bien malin celui qui predira le vainqueur et le scénario entre un City capable de tout contrôler mais aux largesses défensives, et un Real qui risque de bombarder de centres les citizens, surtout en l’absence d’Éden Hazard.
Par Thomas