
Cette semaine, du 8 au 14 mars, se tenait la 78ème édition de Paris-Nice, l’une des grandes courses par étapes de chaque début de saison. Malheureusement, la propagation exponentielle du virus Covid-19 n’a pas permit à la course de se dérouler comme prévue. Alors que faut-il retenir de cette édition si particulière ? Et quels enseignements pouvons-nous en tirer ?
Une organisation inhabituelle
Cela n’aura échappé à personne, la situation actuelle a modifié et compliqué l’organisation de ce Paris-Nice. En effet, parmi les 19 équipes World Tour, 7 d’entre elles ont décidé de ne pas prendre le départ de la course ( Movistar, CCC, Jumbo-Visma, Astana, Mitchelton-Scott, UAE Emirates ainsi que l’équipe Ineos qui vient de perdre tragiquement son directeur sportif Nicolas Portal ). Pour palier à ces désistements, les organisateurs ont alloué 2 invitations supplémentaires aux équipes continentales. Les formations B&B Hôtels et Circus-Wanty ont donc pu prendre le départ avec les deux autres équipes invitées Arkéa-Samsic et Delko Provence. Il a également été décidé de laisser les directeurs aligner 8 coureurs au lieu de 7 habituellement afin d’avoir un peloton assez consistant. Malheureusement, la situation en France s’étant dégradé pendant le déroulement de la course, bon nombre de coureurs ont décidé de se retirer après quelques jours. L’équipe Bahreïn MacLaren a quant à elle a décidé de plier bagage au matin de la 6e étape. Enfin, de nombreuses restrictions ont été imposée aux spectateurs afin de limiter les contacts avec les coureurs, raison pour laquelle le public était peu nombreux par rapport à ce que l’on connaît habituellement.

Une belle course et des surprises
Malgré une atmosphère pesante et des conditions climatiques éprouvantes durant les trois premiers jours en plaine, les coureurs n’ont pas mesuré leurs efforts et nous ont offert un joli spectacle fort intéressant à suivre. Dès le départ le ton est donnée. Le vent forme des bordures et rythme les premières étapes. De nombreux favoris et outsiders sont piégés et perdent beaucoup de temps, c’est le cas de Nairo Quintana, de Romain Bardet et de Guillaume Martin notamment. Pour les premiers jours, on attendait Caleb Ewan, Michael Matthews, Peter Sagan ou encore Julian Alaphilippe. Ce sont finalement d’autres hommes qui ont brillé et qui nous ont impressionné. Schachmann (Bora) remporte la première étape, prend le maillot jaune et ne le lâchera jamais. Giacomo Nizzolo (NTT) s’offre le sprint de la 2ème étape en battant Ackermann pourtant bien lancé par Peter Sagan. Iván Garcia Cortina (Bahreïn) remporte en patron et très largement le sprint de la 3ème étape.
Les premières étapes éliminent plusieurs candidats notables au classement général mais c’est dans le CLM accidenté de la 4ème étape à Saint Amand Montrond que se dessine en grande partie la victoire finale de Maximilian Schachmann. Le champion d’Allemagne finit à la deuxième place de ce chrono derrière l’étonnant Soren Kragh Andersen (Sunweb) et prend une avance considérable sur la totalité de ses adversaires. La concurrence est reléguée à plus d’une minute et la dernière étape de montagne est annulée. La victoire finale est plus qu’envisageable pour le natif de Berlin. C’est l’un des tournants de ce Paris Nice.
Niccolo Bonifazio remporte la 5ème et dernière étape de plaine à la fin d’un sprint décousue, en rattrapant dans les derniers mètres Jan Tratnik, échappé depuis 220km. Le lendemain lors d’une étape accidentée, Tiesj Benoot (Sunweb) tente le tout pour le tout en sortant assez loin de l’arrivée. Il réussi à remporter l’étape en solitaire et à reprendre du temps sur Schachmann et sur les autres prétendants. La dernière étape voit s’imposer un homme fort de ce début saison : Nairo Quintana. Le colombien s’impose assez « facilement » et peut regretter le temps perdu lors des premières étapes. Derrière, Benoot tente tout pour faire craquer Schachmann, mais l’allemand se montre assez résistant dans le dernier col. Il ne perd presque rien et remporte, non sans mal, ce Paris-Nice.

Classements et enseignements
Cette édition voit s’imposer un coureur très polyvalent. En effet, Schachmann est un très bon rouleur-puncheur sachant également se débrouiller en montagne et dans les sprint. Néanmoins il est quand même assez surprenant de le voir sur la plus haute marche du podium quand on connaît ceux à qui il succède. On ne saura jamais ce qu’aurait donné ce Paris-Nice si il n’avait pas été amputé de sa dernière étape et si toutes les équipes y avaient pris part. On peut tout à fait penser que le manque concurrence fausse quelque peu les classements et que tout se serait passé autrement. Maximilian Schachmann reste tout de même un beau vainqueur qui n’a pas démérité, la bataille a fait rage tout au long de la semaine et il a su toujours accélérer quand il le fallait. On retiendra aussi la belle performance du jeune Sergio Higuita qui débute en World Tout ainsi que la victoire et les places d’honneur de Garcia Cortina sur les sprint. Ce Paris-Nice était tout aussi spectaculaire que surprenant. C’était aussi la dernière grande course de ce mois de mars. Le monde du cyclisme se met en pause pour une durée indéterminée et ces 7 jours de courses clôturent de belle manière ce début de saison.
Classement général :
1er : 🇩🇪 Maximilian Schachamnn (Bora)
2e : 🇧🇪 Tiesj Benoot (Sunweb) +18’
3e : 🇨🇴 Sergio Higuita (EF1) +59’
4e : 🇮🇹 Vincenzo Nibali (Trek) +1m16’
5e : 🇫🇷 Thibaut Pinot (FDJ) +1m24’
Maillot vert : 🇧🇪 Tiesj Benoot (Sunweb)
Maillot à poids : 🇫🇷 Nicolas Edet (Cofidis)
Maillot blanc : 🇨🇴 Sergio Higuita (EF1)
Meilleure équipe : 🇩🇪 Team Sunweb

Par Renan.